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Precision Rifle Shooting

Precision Rifle Shooting

TECHNIQUES DE TIR DE PRECISION MID ET LONG RANGE

LE CAHIER DE TIR

LE CAHIER DE TIR

Résultats de tir du Marine Lee Harvey Oswald

Ici on parle du cahier de tir (enregistrement des résultats - suivi) et non pas du carnet de tir (informations techniques - abaques - réglages).

LES NOTES DE TIR par Yves Delnord - (Article des Cahiers du Pistolier et du Carabinier n° 36 d’avril 1979)

On entend souvent parler du cahier de tir. En règle générale les gens sont unanimes : c’est quelque chose d’important… Quand on demande pourquoi ?... C’est là où les choses se corsent et les réponses deviennent évasives.

Il est vrai que de nombreux tireurs ont un cahier de tir. Quand on leur demande : où est-il ? On obtient souvent la réponse suivante : “quelque part au fond de mon sac de tir” ou bien encore :“à la maison sur une étagère”.

Si le cahier de tir est si important, pourquoi lui accorde-t-on si peu de considération ? Que doit-on y noter ? Certains vous diront les points réalisés en match, d’autres qu’il ne faut pas oublier la date et le lieu.

Les plus téméraires ajouteront même qu’il faut y faire figurer les points techniques abordés durant l’entraînement.

Pas facile de savoir comment s’y prendre pour démarrer son cahier de tir.

Avec toutes ces questions sans réponse précise on comprend mieux pourquoi on en parle beaucoup et pourquoi on en voit si peu sur les pas de tir.

La prise rationnelle des notes de tir est un élément essentiel de la bonne attitude mentale, qui seule permet la performance lorsqu'il est important de la faire. ll s'agit en fait d'une technique simple, que tout tireur ambitieux doit acquérir et pratiquer.

Nous allons à présent essayer d'exposer simplement et complètement en quoi consiste cette technique, avec l'espoir que ceux qui l'acquerront feront un pas de plus vers la maîtrise de notre sport.

Depuis quelques décennies il est admis que la préparation d'un sportif ne peut être laissée au hasard ou confiée à l'improvisation. Sa progression, toute son activité, doivent être établies et laisser des traces.Parce que je suis de ceux qui se méfient de leur mémoire, je crois que chaque entraînement et chaque compétition doivent faire l'objet d'un petit rapport comprenant tous les événements significatifs vécus avant, pendant et après le tir.

Je fais ainsi presque depuis le début. Et j'avoue que jusqu'à notre rencontre avec Bassham, je n'en ai pas retiré autre chose que le plaisir de relire mes notes de temps à autre, à mes instants perdus, ce qui me permettait de revivre les bons moments passés. Il y a en effet quelques temps que je ne consignais plus dans mes carnets mes mauvaises performances.

Par superstition peut-être... Des autres, moyennes et bonnes, je n'ai gardé comme la plupart des tireurs que ce que j'avais fait de mal, et des regrets... Alors il valait mieux que je n'utilise pas trop mes notes pour préparer un match important !

Ce sentiment d'inutilité a fait que beaucoup de tireurs ont abandonné la tenue du carnet. Ils ne savaient pas trop qu'y écrire, y notaient surtout leurs malheurs, ou avaient toujours l'impression de ressasser les mêmes choses, la plupart du temps négatives.

Mais lorsqu'on a fait le choix d'adopter une certaine attitude mentale pour réussir sa carrière de compétiteur, des notes de tir bien prises deviennent une pièce indispensable de la préparation psychique et technique.

Sans elles on ne peut rien faire de bon. Avant d'entrer dans l'aspect pratique du sujet, je tiens à dire ma conviction que les choses importantes ne s'inventent qu'une fois.

Après, seules sont possibles des améliorations. On n'a pas réinventé le moteur à explosion. On l'a seulement perfectionné au fur et à mesure que le permettait l'évolution de la technologie ; et Beau de Rochas n'est pas dépassé...

De même, la construction du carnet de tir que propose Bassham restera, parce qu'il s'agit d'une authentique invention.

Bassham n'a pas découvert séparément les fondements psychologiques sur lesquels repose sa conception. Mais il a eu l'intelligence d'inventer leur synthèse et de l'appliquer au tir (sa démarche serait également enrichissante pour tout autre sport, je dirai même pour tout apprentissage).

S'affranchissant de la routine, il nous propose une solution saine, logique et efficace pour prendre nos notes. Qu'il soit remercié de n'avoir pas gardé cela pour lui, et pour l'avance qu'il a donné, sur tous les autres, à notre sport.

Afin de se faciliter la recherche et l'utilisation de ses archives, le tireur doit classer méthodiquement ses notes en chapitres distincts.

Premier chapitre

Il représente à lui seul la presque totalité de ce que marquent les tireurs, regroupe tous les éléments qui permettent de situer le tir : date - lieu - conditions climatiques choix du ou des vents - nombre de balles tirées - préparation avant le tir - munitions - zéro de hausse établi - réglages de crosse etc. En fait, si l'on veut résumer, toutes les conditions du tir.

C'est un chapitre important, qui permet d'archiver la connaissance des diverses installations où le sportif est amené à opérer (chaque tireur devrait avoir des notes sur tous les stands où il a tiré, et où il reviendra probablement), ainsi que celle des diverses façons d'aborder un match (quand se nourrir - comment - combien de sommeil - à quelle heure se réveiller pour un match du matin, etc.).

Il faut tenir consciencieusement cette rubrique, qui permet de réduire considérablement le temps d'adaptation aux diverses situations. Si l'on a trouvé une solution à une difficulté de réglage, ou autre, il est bon de n'avoir pas à la réinventer lors d'un prochain tir si la même situation se présente…

Très important : là sont archivées fréquence, durée et qualité des entraînements, nombre de coups tirés.

Ces éléments déterminent dans une large mesure les périodes de forme. Il est de première importance de connaître ce que l'on a fait pour arriver en forme à tel moment. Au début de sa carrière on ne fait que constater que telle quantité et telle qualité d'entraînement ont conduit à être en forme à telle période (dans la plupart des cas, trop tôt ou trop tard par rapport à la principale compétition de la saison).

S'aidant de ces connaissances, on pourra les années suivantes moduler sa préparation, soit en quantité, soit en durée, soit en qualité, afin de mettre toutes les chances de son côté pour être en forme au moment important.

Mais ce chapitre n'est pas l'essentiel. C'est même le seul des trois dont on pourrait à la rigueur se passer. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de s'y étendre longuement pour chaque tir : tout ce qui est routinier doit en être exclu. Seul l'utile doit y figurer.

Deuxième chapitre : L’Analyse Technique (A.T.)

Il s'agit en quelque sorte d'une autocritique positive. Nous l'avons souvent constaté, le tireur de compétition est tout naturellement plus enclin à se dénigrer qu'à se satisfaire de ses réussites. Cette forme courante d'autocritique est la pire attitude à adopter. C'est une authentique calamité.

Elle est responsable du fait qu'on va, à l'issue d'un tir à 380, s'appesantir davantage sur les trois 8 que sur les 23 dix qui ont construit le score. Les dix sont chose naturelle ; on ne s'y attarde pas, ça va de soi.

Les trois fautes sont inacceptables, impardonnables, indignes, que sais-je encore ? ...

De cette tendance, il n'y a rien à attendre de bon. Ne serait-ce que parce que statistiquement le raisonnement est faux : trois mauvais coups pour 23 bons. Les premiers ne peuvent avoir la même importance que les seconds.

Et pourtant, dans nos pensées d'après tir, ils en ont fréquemment bien plus.

Et c'est ici que la concentration négative sur les mauvais coups commence son travail destructeur. Il n'est même pas besoin qu'un «ami qui lui veut du bien» insiste sur ses malheurs: le tireur qui pense ainsi se détruit le moral tout seul, d'une manière quasi-infaillible. Plus importante sera la compétition suivante, plus facile sera sa chute.

Est-ce à dire que les fautes commises doivent être jetées aux oubliettes, que l'on doive s'en décharger complètement l'esprit comme d'un poids trop lourd à porter, et faire en quelque sorte comme si l'on ne se reconnaissait pas leur auteur ?

Non bien sûr, car elles ont un rôle à jouer dans l'évolution du compétiteur.

Mais leur utilisation est délicate : si je les note sans traduction, elles laissent des traces pénibles car j'ai tendance à trop insister sur elles et je ne trouverai plus qu'elles dans mon carnet. Il est sûr que je ne dois jamais y lire : « aujourd'hui je tire trois 7 et cinq 8».

Il est déjà préférable, deuxième étape, d'y trouver les raisons pour lesquelles j'ai fait ces mauvaises balles : « j'ai fait huit fautes par manque de tenue pendant et après le départ du coup ».

Cela prouve une intéressante capacité d'analyse de la part du tireur. Il reste que de telles notes ne sont ni plus rassurantes ni plus efficaces que les premières car de nouveau, si j'ai l'intention de m'en servir pour préparer mes tirs, je n'y trouverai que des aspects négatifs. Et cela, petit à petit, va intimement me persuader que je ne sais pas tirer.

En effet, au fil des pages, je ne lirai que :

- « je ne tiens pas assez au départ du coup »,

- « la visée est trop longue »,

- « la première série est mauvaise parce que je ne suis pas échauffé »,

- « le lâcher intervient trop tard »,

- «mon épaule se contracte à chaque départ »,

…….et autres encouragements de ce genre ! Système condamné !

Si inconsciemment j'ai un peu de défense, je range le carnet d'entraînement au fond d'un tiroir et m'en méfie à l'avenir. Je peux dans ce cas continuer à bien tirer, mais il me manquera un des éléments importants de la préparation mentale. Sinon, je me complais dans un système peu rassurant et m'y perds de plus en plus. La troisième voie est seule enrichissante : j'utilise mes mauvais coups en inscrivant seulement l'ordre positif sur le carnet.

L'enchaînement est le suivant :

1. Je constate la défaillance (un 8 à six heures par exemple),

2. J'analyse les causes (par exemple : relâchement prématuré par manque de volonté de tenue au départ du coup),

3. Etape la + importante : je donne et écris l'ordre positif : « je dois continuer à tenir pendant et après le départ du coup ».

Et je m'imagine tirant une bonne balle en tenant pendant et après le départ du coup... Cette voie est la seule intéressante.

Et ainsi, au lieu de la désolante litanie évoquée plus haut, je retrouve dans la rubrique A. T, en feuilletant mes notes :

- « tenir un peu plus longtemps au départ du coup, jusqu'à ce que la carabine soit revenue se stabiliser et que l'annonce soit faite »,

- « viser seulement à partir de la fin du tassement : programmer chaque fois mon lâcher dans la séquence mentale »,

- « je dois m'échauffer plus longuement avant de commencer à tirer »,

- « dès que je suis stable, j'appuie en tenant dessus. Et je prépare tôt ma détente » ; etc.

Il est inutile de faire de cette rubrique « A.T.» un catalogue. Seules les erreurs marquantes du tir doivent y être exploitées.

Et il n'y a pas une infinité de raisons pour faire de mauvaises balles...Là encore, ce second chapitre ne me paraît pas le plus important.

Mais il est indispensable si l'on ne veut pas passer à côté des intéressantes possibilités de progression qu'offrent l'analyse des mauvaises balles et l'ordre positif qui suit cette analyse.

Le troisième chapitre est celui que le matcheur doit relire le plus souvent possible pendant sa période de compétition.

Ce faisant, il se renforcera dans la certitude qu''il peut faire le score. Parce qu'il l'a déjà fait, et surtout parce qu'il sait comment le faire.

Troisième chapitre : L’Analyse des Succès (A.S)

C'est la partie la plus riche des notes de tir. Celle où l'on écrit ce qui était bien lors de son tir. Là, on ne craint pas d'admirer ce qu'on a fait de mieux. Ce n'est pas du narcissisme. C'est une nécessité. Il faut savoir pourquoi l'on tire bien, comment on tire bien, pour être capable de recommencer lorsque c'est important. On refait toujours plus facilement quelque chose d'agréable. Et vous savez aussi bien que moi comme il est agréable de bien tirer.

Alors pourquoi éteindre cette joie ? Laissons-la s'épanouir, cultivons-la avant, pendant et après le tir. Nous tirons pour être heureux ! Puis analysons sobrement mais lucidement ce qui nous fait bien tirer, et notons-le dans la partie « A.S. » du carnet de tir.

Pour reprendre mon premier exemple, j'ai tiré 380 avec 23 dix. Plus de la moitié de 10, ce ne peut être un hasard, et ce ne peut m'être étranger. C'est bien moi qui ai fait cela, je sais le faire. Et ces balles ont nécessairement quelque chose en commun.

Elles ont été tirées, sinon exactement de la même façon, tout au moins d'une manière très comparable du point de vue des sensations. Eh bien je dois noter tout ce que j'associe (comme sensations, comme attitude mentale, comme qualité des gestes, comme préparation) à la réussite répétée 23 fois sur 40 coups. C'est le premier pas vers l'autosuggestion, qui est à l'origine de tout ce que nous pouvons espérer des futures techniques de préparation.

En relisant ses notes avant un match important et difficile à jouer, le tireur trouvera dans son chapitre « A.S » une foule d'observations de ce genre, toutes prêtes à le « gonfler » moralement :

- « Excellente stabilité en ce moment. Je me sens très bien en position »,

- « Lâcher bien préparé, incisif et précis »,

- « Je tiens bien au départ du coup. Concentré et volontaire. Je tire ainsi 25 dix sur 40 coups »,

- « Beaucoup de 10. Lâcher précis, net, bien synchronisé avec la tenue et la visée »,

- « La pensée est au point, la séquence mentale bien organisée. J'ai fait beaucoup de dix, et une série à 99, en restant concentré de bout en bout » etc...

Par l'effet de ce dopage moral, le tireur prend conscience avant l'épreuve de ce qu'il fait lorsqu'il tire bien. Il peut penser, inventer des 10, et les faire ! Et plus il est capable d'en penser, plus il a de possibilités d'en faire effectivement. Surtout, il peut se convaincre, se conforter dans la certitude qu'il sait bien tirer, parce que les notes de sa rubrique «A.S » sont des preuves irréfutables.

S'il a des difficultés en match, il peut se remettre en mémoire ce qu'il a déjà fait de bien dans des conditions identiques :

- « Je viens de faire un 8. Pour cette raison. Ce n'est rien. Lorsque je fais un 10, je procède de cette manière ; je vais faire cela, et la prochaine balle sera bonne ».

- « Six 10 de suite. C'est normal. J'ai déjà fait ça plusieurs fois. Tiens, l'autre jour, j'ai tiré onze 10 de suite, de cette manière.

Je sais faire cela, je peux le faire en ce moment ». Au lieu de penser : « Aïe, six 10 de suite ! Que va-t-il m'arriver à la prochaine ? »

Il reste à noter la valeur des coups tirés ou archiver ses groupements. La valeur des coups est

Suffisante, mais garder ses très bonnes cibles est tout de même une excellente habitude, car cela permet de visualiser ses possibilités.

Faire un très beau 100 est un grand plaisir sur le moment, et peut devenir un vrai réconfort lorsqu'on le revoit dans une période où ça va un peu moins bien.

Bien que la notation des coups ne soit pas indispensable, il est souvent intéressant de savoir comment on a construit son score.

Bassham pense que deux séries à 92 peuvent avoir une valeur très différente :

9 9 9 9 10 10 9 9 9 9 = 92

10 10 8 7 10 9 8 10 10 10 = 92

Une majorité d'entre vous va d'emblée préférer la première, parce que plus homogène, plus groupée et comportant moins de grosses fautes.

Pourtant, l'opinion de Lanny selon laquelle la seconde est bien meilleure se défend aisément. Il n'y a que deux 10 dans la première. Mais six dans la seconde, qui est donc plus riche en gestes et pensées efficaces.

Il y a plus à apprendre de la seconde que de la première : six coups excellents, qui laissent de bonnes sensations, et trois coups nettement manqués qui permettent une analyse facile et la possibilité de trouver sans équivoque l'ordre positif. Dans la première série deux 10 seulement, et huit 9, peut-être tout près du huit pour certains. Ceci n'incite pas à une analyse fine puisque, selon la tradition, « un 9 debout à 50 mètres est toujours bon à prendre ».

Cet état d'esprit ne peut permettre d'atteindre le haut niveau. Et puis, deux bonnes balles sur dix coups, ce n'est pas une fréquence suffisante pour identifier avec certitude les sensations qui sont liées à l'efficacité.

En résumé, la première série apprend à faire des 9, la seconde à faire des 10...

Conclusion

Il reste, pour terminer, à donner quelques conseils pour la tenue du carnet :

- Choisissez-le de préférence d'un format confortable (cahier écolier ou classeur A 5) Cela permet de prendre les notes correspondant à un tir sur une seule page. Avec un petit format, les mêmes notes prennent deux ou trois pages, et leur lecture ne s'en trouve pas facilitée. Le plus fréquemment, la petite page incite à une sorte d'autocensure par manque de place : on abrège trop pour tout y faire tenir, et l'on condense ce sur quoi on devrait s'étendre...

- Ayez constamment vos notes avec vous lorsque vous allez tirer. Elles font partie du matériel. La meilleure place est sous la mousse de votre boîte à carabine ou dans le couvercle de la boîte à pistolet. Ou bien, si on ne l'en sort pas à la maison, dans le sac de tir.

- Prenez vos notes dès le tir terminé, avant de rentrer chez vous.

Au besoin, cessez l'entraînement un peu avant. Les dix balles que vous tirerez en moins seront amplement compensées par le fait que vous aurez des notes efficaces.

Si vous laissez s'écouler du temps, si vous commencez à discuter, si vous conduisez pour rentrer, vous n'êtes plus dans votre tir. Il y a rupture, et oubli inévitable de beaucoup de sensations fines, qui sont déjà assez difficiles à exprimer tout de suite après.

Elles ne résisteront pas aux multiples distractions d'après tir. Or, c'est bien l'identification de ces sensations fines d'équilibre, de visée, de lâcher, qui prime tout dans l'évolution d'un tireur de compétition. Identifiées, on peut les retrouver, les recréer. Et tout naturellement bien tirer.

Pour cette raison, on doit prendre ses notes quand on est encore imprégné par ce qu'on vient de faire. Ça prend bien peu de temps à chaque fois : environ une dizaine de minutes, qui ne seront jamais du temps perdu.

Essayez ceci sérieusement, avec conviction. Et vous ferez des progrès appréciables après quelques mois seulement de prise et d'utilisation de vos notes de tir, quelle que soit votre spécialité.

En appliquant sa technique, Lanny Bassham est passé en quelques semaines de 540 à 580 à la Vitesse Olympique ! ...

Conclusion

Il reste, pour terminer, à donner quelques conseils pour la tenue du carnet :

- Choisissez-le de préférence d'un format confortable (cahier écolier ou classeur A 5)

Cela permet de prendre les notes correspondant à un tir sur une seule page. Avec un petit format, les mêmes notes prennent deux ou trois pages, et leur lecture ne s'en trouve pas facilitée. Le plus fréquemment, la petite page incite à une sorte d'autocensure par manque de place : on abrège trop pour tout y faire tenir, et l'on condense ce sur quoi on devrait s'étendre...

- Ayez constamment vos notes avec vous lorsque vous allez tirer. Elles font partie du matériel. La meilleure place est sous la mousse de votre boîte à carabine ou dans le couvercle de la boîte à pistolet. Ou bien, si on ne l'en sort pas à la maison, dans le sac de tir.

- Prenez vos notes dès le tir terminé, avant de rentrer chez vous.

Au besoin, cessez l'entraînement un peu avant. Les dix balles que vous tirerez en moins seront amplement compensées par le fait que vous aurez des notes efficaces.

Si vous laissez s'écouler du temps, si vous commencez à discuter, si vous conduisez pour rentrer, vous n'êtes plus dans votre tir. Il y a rupture, et oubli inévitable de beaucoup de sensations fines, qui sont déjà assez difficiles à exprimer tout de suite après.

Elles ne résisteront pas aux multiples distractions d'après tir. Or, c'est bien l'identification de ces sensations fines d'équilibre, de visée, de lâcher, qui prime tout dans l'évolution d'un tireur de compétition. Identifiées, on peut les retrouver, les recréer. Et tout naturellement bien tirer.

Pour cette raison, on doit prendre ses notes quand on est encore imprégné par ce qu'on vient de faire.

Ça prend bien peu de temps à chaque fois : environ une dizaine de minutes, qui ne seront jamais du temps perdu.

Essayez ceci sérieusement, avec conviction. Et vous ferez des progrès appréciables après quelques mois seulement de prise et d'utilisation de vos notes de tir, quelle que soit votre spécialité.

En appliquant sa technique, Lanny Bassham est passé en quelques semaines de 540 à 580 à la Vitesse Olympique ! ...

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